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Le dernier sondage IPSOS indique une remontée (+2%) de Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle et une petite baisse de François Hollande (-0,5%).
L'écart entre les deux principaux candidats se réduit donc.
Ce sondage IPSOS est particulier puisqu'il est aujourd'hui le seul à présenter un tel écart entre les deux candidats, les autres instituts plaçant également Hollande en première place, n'évoquent plus qu'un différentiel d'un ou de deux points.
Qui a raison ? Qui à tort ? Personne ne le saura réellement avant le scrutin du 23 avril.
On peut néanmoins s'interroger sur le score du président candidat. Nicolas Sarkozy n'est pas n'importe quel candidat, il est aux manettes depuis un quinquennat et tout en devant répondre de son bilan et se projeter dans l'avenir avec de nouvelles propositions et un projet pour le pays. Depuis l'officialisation de sa candidature, Nicolas Sarkozy a progressé dans les sondages en moyenne de 1% à 3% ; mais est-ce suffisant ? Ou est le choc que devait entraîner sa candidature ? Peut-on parler d'un choc lorsqu'un candidat progresse aussi calmement ?
Dans ce dernier sondage, au-delà des scores de Sarkozy et de Hollande il est intéressant de relever d'autres éléments.
D'abord nous dit IPSOS, les français sont de plus en plus sûrs de leur choix de vote puisqu'aujourd'hui six électeurs sur dix sont certains de leur choix du premier tour - huit sur dix se disent également certains de leur choix pour le second tour. A 58% d'intentions de vote pour l’élection du 06 mai et 80% d'électeurs potentiels sûrs de leur choix, ça peut devenir un début d'angoisse pour l'Elysée.
En revanche, Nicolas Sarkozy a réussi ce qui n'était pas évident il y a encore quelques semaines : il rassure son camps. IPSOS nous confirme qu'il progresse dans son électorat de base, dans son socle, comme par exemple les retraités qui ont plus l'intention de voter pour lui dans ce sondage puisqu'ils sont 35% alors qu'ils n'étaient que 30% lors de la précédente enquête. De plus, 82% de celles et ceux qui ont voté pour Nicolas Sarkozy se disent prêts aujourd'hui à voter à nouveau pour lui ce qui est somme toute une excellente nouvelle pour le président sortant.
Enfin le dernier constat d'importance est une stagnation (voir une légère baisse) des intentions de vote pour Marine Le Pen et François Bayrou. Pour la première, il est évident que quelques erreurs de campagne lui sont défavorables, Nicolas Sarkozy récupérant automatiquement les vox perdues. Côté MODEM, contrairement à 2007, le candidat centriste ne profite pas d'un essoufflement socialiste et n'arrive plus à capter les déçus du sarkozysme qui ont plus tendance à choisir le François de gauche que le François du centre.
Finalement, Nicolas Sarkozy a réussi à progresser depuis son acte de candidature mais cette progression est assez timide. Est-ce que sera suffisant pour gagner dans moins de deux mois maintenant ? Il a démontré à de nombreuses reprises qu'il est un monstre du combat politique capable de retourner les situations les plus difficiles.
Oui, Nicolas Sarkozy est sur le papier dans l'impasse mais c'est peut-être ce qui va lui permettre de rebondir dans les sondages en mars, mois crucial pour évoquer le futur résultat de ce scrutin.
Dans l'impasse ? Pas dans l'impasse ?
Ce qui est sûr, c'est que Nicolas Sarkozy n'a pas d'autre choix que d'accélérer encore plus sa campagne et de cliver au maximum pour reprendre point par point l'avance de son adversaire socialiste. Face à cette éventuelle campagne intensive du candidat UMP, le socialiste va devoir au contraire rassurer, calmer, tranquilliser pour attirer à lui celles et ceux qui pourraient se sentir déstabiliser par un nouveau tourbillon présidentiel.
Ce qui semble de plus en plus évident est une bipolarisation de plus en plus soutenue, les grands perdants seront dans une moindre mesure les troisième et quatrième (Le Pen / Bayrou) mais d’une manière très abrupte tous les autres prétendants qui vont devoir se battre pour un résultat qui risque d’être au final très faible. La question qui se posera alors à ces candidats : comment rembourser des frais de campagne que l’Etat ne rétrocède qu’à partir d’un score de 5% au soir du premier tour.