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25 mai, un jour, une vie, un décès

25 mai, un jour, une vie - Yahya Jammeh

Yahya Jammeh, né le 25 mai 1965 à Kanilai, en Gambie, est un ancien militaire et homme politique gambien. Il célèbre aujourd'hui ses 59 ans. Issu d'une famille musulmane de l'ethnie Jola, il grandit dans le village de Kanilai. Jammeh rejoint la gendarmerie nationale gambienne en 1984 et, après avoir suivi une formation militaire au Sénégal et aux États-Unis, il devient officier de l'armée gambienne en 1989. En 1992, il est nommé commandant de la police militaire à la caserne de Yundum.

Le 22 juillet 1994, Yahya Jammeh dirige un coup d'État militaire qui renverse le président Dawda Jawara, au pouvoir depuis l'indépendance de la Gambie en 1965. Le coup d'État, sans effusion de sang, est justifié par Jammeh et ses partisans comme une réponse à la corruption et à la mauvaise gestion du gouvernement de Jawara. Jammeh établit alors le Conseil provisoire de gouvernement des forces armées (AFPRC) et suspend la constitution, ferme les frontières et impose un couvre-feu national.

En 1996, Yahya Jammeh fonde l'Alliance pour la réorientation patriotique et la construction (APRC) et remporte l'élection présidentielle cette même année. Il est réélu en 2001, 2006 et 2011, souvent au milieu d'accusations de fraude électorale et de manipulation politique. Son régime est marqué par des violations graves des droits de l'homme, incluant des meurtres, des disparitions forcées, des actes de torture, et une répression sévère des opposants politiques, des journalistes et des personnes LGBTQ+.

En 2013, Yahya Jammeh retire la Gambie du Commonwealth des Nations et proclame le pays république islamique en 2015. Il engage également un processus de retrait de la Cour pénale internationale en 2016. Ces décisions sont perçues comme des tentatives de renforcer son autorité et de se distancier des influences occidentales. En décembre 2016, Jammeh perd l'élection présidentielle face à Adama Barrow, un candidat peu connu. Après avoir initialement accepté les résultats, il revient sur sa décision, entraînant une crise politique majeure.

La communauté internationale, notamment la CEDEAO, intervient pour assurer une transition pacifique du pouvoir. Le 21 janvier 2017, sous la pression militaire et diplomatique, Yahya Jammeh quitte finalement la Gambie pour un exil en Guinée équatoriale. Depuis son exil, il fait face à de nombreuses accusations de violations des droits humains et de détournement de fonds publics, accusations qu'il continue de nier vigoureusement. Ses avoirs sont gelés par plusieurs pays en raison des allégations de corruption et de détournement de millions de dollars appartenant à l'État gambien.

Pendant ses 22 ans de pouvoir, Jammeh a cultivé une image de dirigeant mystique et autoritaire, souvent vu en public avec un Coran, un sceptre et des chapelets, et portant des robes blanches volumineuses, censées dissimuler un gilet pare-balles. Il prétendait avoir trouvé un remède à base de plantes pour le VIH/SIDA et a souvent utilisé la religion pour justifier son autorité et ses politiques répressives.

En somme, Yahya Jammeh est une figure controversée, connue pour son long règne autoritaire en Gambie et les nombreuses violations des droits de l'homme commises sous son régime. Son départ en exil marque la fin d'une ère marquée par la répression et la corruption, et laisse un héritage complexe et controversé dans l'histoire de la Gambie.

 

25 mai, un jour, un décès - Wojciech Jaruzelski

Wojciech Jaruzelski, né le 6 juillet 1923, était un militaire et homme politique polonais qui a été le chef d'État de la République populaire de Pologne de 1981 à 1989 et le président de la République de Pologne de 1989 à 1990.

Jaruzelski a commencé sa carrière militaire en 1943 et a participé à la Seconde Guerre mondiale en tant que soldat de l'Armée populaire polonaise. Il a gravi les échelons de l'armée polonaise et a été nommé ministre de la Défense nationale en 1968.

En 1981, Jaruzelski a été nommé Premier ministre de la Pologne en réponse à une vague de grèves et de manifestations menées par le syndicat Solidarité. En décembre de la même année, il a déclaré la loi martiale et a réprimé violemment les manifestations, ce qui a entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes.

En 1985, Jaruzelski a été élu chef d'État de la République populaire de Pologne par le Parlement polonais. Pendant son mandat, il a cherché à réformer le système politique et économique polonais et à renforcer les relations avec les pays voisins de l'Europe de l'Est.

Cependant, le mandat de Jaruzelski a été marqué par des troubles politiques et des conflits sociaux. En 1988, il a été contraint de négocier avec le syndicat Solidarité et de permettre des élections semi-libres, ce qui a entraîné la fin du régime communiste en Pologne.

En 1989, Jaruzelski a été élu président de la République de Pologne par le Parlement polonais. Cependant, son mandat a été de courte durée. En 1990, il a démissionné de son poste de président en raison de la pression politique et de la contestation de son rôle dans la répression de 1981.

Après avoir quitté ses fonctions politiques, Jaruzelski a été poursuivi en justice pour son rôle dans la répression de 1981. Il a été acquitté de toutes les charges en 2011 en raison de son état de santé. Il est décédé le 25 mai 2014, à l'âge de 90 ans.

L'héritage de Wojciech Jaruzelski est celui d'un militaire et homme politique polonais influent qui a joué un rôle clé dans l'histoire moderne de la Pologne. Cependant, son rôle dans la répression de 1981 et son mandat en tant que chef d'État de la République populaire de Pologne ont été marqués par des troubles politiques et des conflits sociaux, et son nom est associé à une période controversée de l'histoire politique polonaise.
 

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