ELECTION POLITIQUE CITOYEN

ONU

Il y a 76 ans, l'ONU prenait la résolution 181 sur la Palestine

La résolution 181 de l'Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 29 novembre 1947, a été une étape décisive dans l'histoire longue et complexe du conflit israélo-palestinien. Pour comprendre cette résolution, il est essentiel de se plonger dans le contexte historique qui l'a précédée.

La Palestine, alors sous mandat britannique depuis la fin de la Première Guerre mondiale, était le théâtre d'une lutte croissante entre les populations juive et arabe. La déclaration Balfour de 1917, dans laquelle le gouvernement britannique soutenait l'établissement d'un "foyer national juif" en Palestine, avait attisé les tensions entre les deux communautés. Les années 1920 et 1930 ont vu une augmentation significative de l'immigration juive en Palestine, en grande partie due à la montée de l'antisémitisme en Europe, notamment avec l'ascension du nazisme.

La Seconde Guerre mondiale a exacerbé la situation. La persécution et l'extermination des Juifs en Europe par les nazis ont conduit à un appel renforcé pour un État juif. Parallèlement, la résistance arabe en Palestine s'est intensifiée, refusant l'idée d'une division de leur terre. La fin de la guerre a laissé le Royaume-Uni, épuisé et affaibli, peu disposé à gérer ces tensions croissantes.

En février 1947, le Royaume-Uni a transféré la question de la Palestine aux Nations Unies, incapable de trouver une solution satisfaisante. En mai de la même année, l'ONU a créé la Commission spéciale des Nations Unies sur la Palestine (UNSCOP) pour enquêter et proposer des solutions au conflit. L'UNSCOP a proposé deux principales solutions : un plan de partage en deux États, l'un juif et l'autre arabe, et une solution fédérale unique. Finalement, le plan de partage a été retenu.

Le plan proposait la création de deux États distincts avec Jérusalem placée sous contrôle international. Cependant, les frontières suggérées étaient complexes et entrelacées, reflétant la distribution démographique hétérogène de la population. Les zones majoritairement juives devaient constituer l'État juif et les zones majoritairement arabes l'État arabe. La proposition était radicale et transformait radicalement le paysage politique de la région.

Ce contexte historique est crucial pour comprendre les motivations derrière la résolution de l'ONU et les raisons pour lesquelles elle a été à la fois saluée comme un pas vers la paix et condamnée comme une injustice par les différentes parties impliquées. La fin de la Seconde Guerre mondiale a non seulement changé la géopolitique mondiale mais a également mis en lumière le besoin urgent de résoudre le conflit en Palestine, un besoin qui a conduit à l'une des décisions les plus influentes et controversées de l'histoire moderne.

Détails de la résolution et du plan de partage

La résolution 181, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies, était un plan complexe et ambitieux visant à mettre fin au conflit en Palestine par le biais d'une partition. Le plan, également connu sous le nom de Plan de partage de la Palestine, a proposé de diviser la région en deux États distincts, l'un arabe et l'autre juif, avec Jérusalem sous un régime international spécial.

Le plan de partage a été conçu en tenant compte de la répartition démographique et géographique de la population juive et arabe. Selon ce plan, l'État juif devait comprendre environ 56% du territoire, y compris les régions fertiles de la plaine côtière, la Galilée et une grande partie du Néguev. L'État arabe, quant à lui, devait englober la Cisjordanie, la bande de Gaza, la région autour de Jaffa, et une partie du désert du Néguev. Jérusalem, avec sa signification religieuse et historique, devait être placée sous un régime international, administrée par les Nations Unies pour éviter d'attiser davantage les tensions.

Le plan a été élaboré avec l'idée que les deux États coopéreraient sur des questions économiques et infrastructurelles, partageant certaines ressources essentielles, comme l'eau. De plus, il prévoyait un calendrier pour le retrait progressif des forces britanniques et la passation de pouvoir aux autorités nouvellement formées.

Cependant, le plan de partage avait des lacunes significatives. Il n'a pas pleinement pris en compte l'enchevêtrement des populations juive et arabe dans de nombreuses régions, ce qui rendait la séparation difficile et potentiellement conflictuelle. De plus, le plan ne prévoyait pas de mécanisme clair pour gérer les migrations de populations ni pour résoudre les conflits territoriaux qui pourraient survenir.

Malgré ses lacunes, la résolution 181 a été un moment décisif. Elle reconnaissait officiellement le droit à l'auto-détermination des Juifs et des Arabes en Palestine, un concept qui n'avait jusqu'alors pas été officiellement soutenu par la communauté internationale. La partition suggérée par l'ONU était censée être une solution pacifique à un conflit de longue date, mais elle a également jeté les bases de nouveaux conflits et controverses, certains desquels persistent jusqu'à aujourd'hui.


Réactions et conséquences immédiates

La résolution 181 de l'ONU, proposant le partage de la Palestine en deux États distincts, a été accueillie avec des réactions contrastées, reflétant la profonde division entre les communautés juive et arabe de la région.

La majorité de la communauté juive, bien que mécontente de certains aspects du plan, l'a globalement accepté. Les dirigeants juifs y ont vu une opportunité historique pour établir un État juif, une aspiration de longue date, en particulier après l'holocauste. Le mouvement sioniste, qui avait milité pour un foyer national juif en Palestine, a considéré la résolution comme une victoire légitimant leurs revendications. Les célébrations ont éclaté dans les rues des villes juives, marquant la résolution comme un moment de joie et d'espoir.

En revanche, la résolution a été catégoriquement rejetée par la majorité de la communauté arabe en Palestine et par les États arabes voisins. Ils ont considéré le plan de partage comme injuste, une trahison de leurs droits nationaux, et une imposition de la volonté internationale sur leur terre. Cette position a été renforcée par le sentiment que la résolution ignorait la majorité arabe de la Palestine et attribuait une plus grande partie du territoire à la minorité juive.

L'adoption de la résolution a conduit à une escalade immédiate de la violence. Des affrontements ont éclaté entre les communautés juive et arabe, donnant lieu à une période de guerre civile en Palestine. Les attaques, les représailles et les violences ont rapidement augmenté, exacerbant un conflit déjà ancien.

La résolution a également attiré l'attention internationale. Les États-Unis et l'Union soviétique, bien qu'idéologiquement opposés, ont tous deux soutenu la création d'un État juif, chacun pour ses propres raisons stratégiques. D'autres pays, cependant, étaient plus réservés, craignant que la partition ne déstabilise davantage la région.

Ces réactions et conséquences immédiates ont démontré que, loin de résoudre le conflit, la résolution de l'ONU a en réalité servi de catalyseur pour une nouvelle phase de confrontation. La guerre civile en Palestine a jeté les bases pour la première guerre israélo-arabe qui a suivi en 1948, marquant le début d'une série de conflits prolongés et complexes dans la région.


Impact à long terme sur le conflit israélo-palestinien

L'adoption de la résolution 181 de l'ONU en 1947 et le plan de partage qui en découlait ont eu des répercussions profondes et durables sur le conflit israélo-palestinien, façonnant le paysage géopolitique du Moyen-Orient pour les décennies à venir.

En mai 1948, la déclaration de l'indépendance de l'État d'Israël, conforme aux frontières proposées par la résolution 181, a marqué un tournant. Presque immédiatement, les États arabes voisins ont lancé une attaque militaire, menant à la première guerre arabo-israélienne. Ce conflit et ceux qui ont suivi, notamment les guerres de 1956, 1967 et 1973, ont redessiné à plusieurs reprises les frontières et intensifié les animosités.

La guerre de 1948 a entraîné le déplacement de centaines de milliers de Palestiniens, créant une crise des réfugiés persistante. Les réfugiés palestiniens et leurs descendants restent une question centrale dans les négociations de paix, beaucoup d'entre eux réclamant un droit au retour.

Jérusalem, déclarée ville internationale dans le plan de partage, est devenue un point de discorde majeur. La ville a été divisée entre Israël et la Jordanie jusqu'à la guerre des Six Jours en 1967, après laquelle Israël a pris le contrôle de toute la ville. Les territoires occupés lors de cette guerre, notamment la Cisjordanie et la bande de Gaza, sont devenus des points de contention centraux dans le conflit.

En Israël, la mémoire de la résolution et des guerres qui ont suivi a façonné l'identité nationale, la politique de défense et les attitudes envers les négociations de paix. Le débat sur les frontières d'Israël, le statut des territoires occupés et la relation avec les Palestiniens reste au cœur de la politique israélienne.

Pour les Palestiniens, la Nakba (« catastrophe »), terme utilisé pour décrire leur perte de terre et de foyer en 1948, est devenue un élément central de leur identité nationale. La résolution 181 est souvent vue comme le point de départ de cette tragédie. Le désir de création d'un État palestinien indépendant, avec les frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale, reste un objectif clé.

Le conflit israélo-palestinien continue d'attirer l'attention internationale, avec des tentatives répétées, mais souvent infructueuses, de négociations de paix. La résolution 181 est fréquemment citée dans ces discussions, servant de référence pour les droits historiques et les griefs des deux parties.


Et aujourd'hui ?

Suite aux attaques massives du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, la situation géopolitique déjà complexe au Moyen-Orient a connu des changements significatifs, influençant directement le contexte et l'avenir de la résolution 181 de l'ONU de 1947.

Le Hamas, soutenu par le Jihad islamique palestinien, le Front populaire de libération de la Palestine et le Front démocratique pour la libération de la Palestine, a lancé une série d'attaques terrestres, aériennes et maritimes, sans précédent dans l'histoire d'Israël et du conflit israélo-arabe. Plus de 3 000 assaillants palestiniens ont envahi des villes et kibboutz israéliens, causant la mort de 1 200 personnes et de nombreuses autres exactions, avant de prendre 240 civils en otage?

Israël a répondu avec l'opération "Épées de fer", impliquant des bombardements aériens, un blocus de la bande de Gaza et des opérations au sol. Cette riposte a entraîné la mort de plus de 11 078 personnes, blessé 24 000 civils et combattants palestiniens, et provoqué le déplacement de plus de 1,5 million de civils. L'ONU a dénoncé un grave risque de génocide envers la population palestinienne, et des experts ont accusé Israël de génocide

Le conflit a menacé de s'étendre dans la région, avec des tirs du Hezbollah depuis le Liban, une riposte israélienne, et l'intervention des Houthis yéménites. L'envoi de porte-avions américains et la menace de l'Iran de frapper directement les intérêts américains ont accru les craintes d'internationalisation du conflit??.

En mai 2023, une médiation égyptienne avait conduit à une trêve entre le Jihad islamique palestinien et Israël, mais le Hamas n'avait pas pris part aux événements. L'attaque d'octobre 2023 était planifiée depuis au moins un an, voire deux, immédiatement après ou même pendant la crise israélo-palestinienne de 2021?

L'intensification des violences et l'aggravation du conflit soulèvent des questions sur la faisabilité de la création de deux États coexistant pacifiquement, comme envisagé dans la résolution 181.

Ces événements ont probablement compliqué davantage les efforts de paix, car les tensions et la méfiance entre les parties sont exacerbées.

L'ONU, en dénonçant les actions des deux parties et en face des menaces d'escalade, pourrait être appelée à jouer un rôle plus actif pour rétablir la paix et reconsidérer les bases de la résolution 181 dans le contexte actuel.

La crise humanitaire et les risques sécuritaires accrus dans la région nécessitent une réponse internationale urgente pour éviter une aggravation du conflit.

En conclusion, les attaques du 7 octobre 2023 et leurs conséquences ont profondément affecté le contexte du conflit israélo-palestinien, mettant en lumière les défis persistants pour la réalisation des objectifs de la résolution 181 de l'ONU de 1947.

ARTICLES PRÉCÉDENTS
EPHEMERIDE : 29 février, un jour, une vie, un décès.
BREAKING NEWS : La journée du 28 février 2024 en quatre actualités politiques
HISTOIRE : 28 février 2013, un Pape démissionne pour la première fois depuis 1415
EPHEMERIDE : 28 février, un jour, une vie
BREAKING NEWS : La journée du 27 février 2024 en quatre actualités politiques
HISTOIRE : 27 février 1844, la République Dominicaine déclare son indépendance
EPHEMERIDE : 27 février, un jour, une vie, un décès
BREAKING NEWS : La journée du 26 février 2024 en quatre actualités politiques
HONGRIE : 26 février 2024, le Parlement est appelé à voter pour une élection présidentielle anticipée
EPHEMERIDE : 26 février, un jour, une vie, un décès
BREAKING NEWS : La journée du 25 février 2024 en quatre actualités politiques
EPHEMERIDE : 25 février, un jour, une vie, un décès
BREAKING NEWS : La journée du 24 février 2024 en quatre actualités politiques
HISTOIRE : 24 février 1918, première indépendance de l'Estonie
EPHEMERIDE : 24 Février, un jour, une vie, un décès
HISTOIRE : 23 février 1898, Emile Zola est condamné pour son célèbre article "J'accuse...!"