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HISTOIRE

27 février 1844, la République Dominicaine déclare son indépendance

La déclaration d'indépendance de la République Dominicaine le 27 février 1844 est un moment clé dans l'histoire de l'île d'Hispaniola, marquant la fin de la domination haïtienne sur la partie orientale de l'île. Cette indépendance est le résultat d'un long processus, initié et mené à bien par des figures patriotiques dominantes telles que Juan Pablo Duarte, Matías Ramón Mella, et Francisco del Rosario Sánchez, qui ont travaillé inlassablement pour la libération de leur pays.

L'île d'Hispaniola, partagée entre Haïti et la République Dominicaine, a vu son histoire marquée par des périodes de tension et de lutte. Avant l'indépendance, toute l'île était sous le contrôle d'Haïti, suite à l'occupation de la partie est de l'île par l'État haïtien espagnol peu de temps après 1821. Cette période a été caractérisée par des tentatives d'assimilation et d'imposition de politiques haïtiennes, qui n'ont pas tenu compte des spécificités et des besoins de la population locale. Face à cette situation, un mouvement indépendantiste a commencé à prendre forme, animé par le désir de préserver l'identité et la culture propres à la partie orientale de l'île.

Juan Pablo Duarte, considéré comme le père de l'indépendance dominicaine, a joué un rôle crucial dans ce processus. Il a fondé la société secrète La Trinitaria, qui a été centrale dans l'organisation de la lutte pour l'indépendance. Aux côtés de Duarte, Matías Ramón Mella et Francisco del Rosario Sánchez ont été des figures déterminantes, agissant comme les principaux moteurs de la mobilisation qui a conduit à la déclaration d'indépendance. Leur engagement et leurs actions ont été cruciaux pour galvaniser le soutien populaire et organiser la résistance contre la domination haïtienne.

Le 27 février 1844, la déclaration d'indépendance a été symboliquement marquée par le coup de feu du trabuco par Matías Ramón Mella et le hissage du drapeau dominicain par Francisco del Rosario Sánchez, à la Porte du Conde. Ces actes ont non seulement signifié la fin officielle de la domination haïtienne mais ont également marqué le début d'une nouvelle ère pour la République Dominicaine. La réaction enthousiaste de la population de Saint-Domingue, qui a célébré cet événement par une démonstration massive de drapeaux espagnols, témoigne de l'accueil positif de l'indépendance et de la volonté de la population de se distancer de l'héritage haïtien et de s'affirmer comme une nation indépendante et souveraine.

Cependant, l'indépendance n'a pas mis fin aux défis pour la jeune république. Les années qui ont suivi ont vu plusieurs tentatives d'Haïti de reprendre le contrôle de la partie orientale de l'île, nécessitant une série de campagnes militaires pour défendre la souveraineté nouvellement acquise. Ces conflits ont souligné la nécessité pour la République Dominicaine de consolider son indépendance, de construire une identité nationale distincte et de gagner la reconnaissance et le soutien international pour se développer en tant que nation souveraine et indépendante.

Les campagnes militaires pour la consolidation de l'indépendance

Après la déclaration d'indépendance de la République Dominicaine le 27 février 1844, le pays a dû faire face à plusieurs défis pour consolider sa souveraineté nouvellement acquise, principalement en raison de la résistance haïtienne. Ce chapitre détaille les campagnes militaires entreprises pour défendre l'indépendance de la République Dominicaine contre les tentatives de reconquête par Haïti.

La première campagne militaire a débuté peu après la déclaration d'indépendance, lorsque le président haïtien de l'époque, Charles Rivière-Hérard, refusant d'accepter la sécession, lança une invasion à grande échelle de la République Dominicaine. À la tête d'une armée de 30 000 hommes, divisée en trois colonnes, l'objectif était de réintégrer de force la partie orientale de l'île d'Hispaniola sous contrôle haïtien. La première colonne, commandée par le général Pierrot, avait pour mission de s'emparer de Santiago et de Puerto Plata. La deuxième, dirigée par Hérard lui-même, visait Azua et San Juan de la Maguana, tandis que la troisième, confiée au général Souffrand, devait se diriger vers Neiba.

Les forces dominicaines, sous le commandement du général Pedro Santana, avec l'aide du général Antonio Duvergé, ont réussi à repousser l'invasion haïtienne lors de la bataille d'Azua le 19 mars 1844, infligeant une lourde défaite à l'armée haïtienne. Cette victoire a été suivie par un autre succès significatif lors de la bataille de Santiago le 30 mars, forçant les Haïtiens à se replier. Les retraites haïtiennes ont été marquées par de nombreuses exactions, aggravant les tensions entre les deux pays.

En 1845, lors de la deuxième campagne, les forces dominicaines, toujours sous le leadership de Santana et Duvergé, ont de nouveau affronté et vaincu les troupes haïtiennes dans les batailles de la Estrelleta et de Beller. Ces victoires ont renforcé la position de la République Dominicaine et démontré sa capacité à défendre son indépendance.

Les tentatives de reconquête haïtienne ne se sont pas arrêtées là, avec une série de campagnes ultérieures en 1849, 1855, et 1856, toutes repoussées avec succès par les forces dominicaines. Ces conflits ont non seulement testé la résilience de la jeune république mais ont également contribué à forger un sentiment nationaliste parmi la population dominicaine.

Ces campagnes militaires ont joué un rôle crucial dans la consolidation de l'indépendance de la République Dominicaine, permettant au pays de se défendre contre les tentatives extérieures de domination et de s'affirmer comme un État souverain dans les Caraïbes. La détermination et la bravoure des forces dominicaines lors de ces affrontements ont été essentielles pour maintenir l'intégrité territoriale et l'indépendance de la nation face à des défis considérables.


Les défis intérieurs et la première république

Suite à l'indépendance de la République Dominicaine en 1844, le pays a dû naviguer à travers une période de défis intérieurs significatifs qui ont marqué sa première république. Cette période a été caractérisée par la nécessité de construire un état-nation viable, tout en faisant face à des menaces extérieures constantes, notamment de la part d'Haïti, et à des tensions internes qui menaçaient la cohésion et le développement du jeune état.

Le régime de Pedro Santana, qui a joué un rôle déterminant dans la défense de l'indépendance dominicaine, a rapidement évolué vers une dictature. En novembre 1844, une première constitution a été adoptée, posant les bases du gouvernement républicain. Cependant, l'article 210 de cette constitution a accordé à Santana des pouvoirs presque dictatoriaux, sous prétexte de l'état de guerre avec Haïti. Santana a utilisé ces pouvoirs non seulement pour repousser les invasions haïtiennes mais aussi pour persécuter et exiler ses opposants politiques, y compris Juan Pablo Duarte, l'un des pères fondateurs de la République.

La gouvernance de Santana a été marquée par une série de tentatives haïtiennes de reconquérir la partie orientale de l'île, qui ont toutes été repoussées. Ces menaces extérieures ont servi de justification à Santana pour renforcer encore plus son régime autoritaire, consolidant son pouvoir au détriment des principes démocratiques et de la liberté politique. Cette période a également été caractérisée par des négociations avec des puissances étrangères, notamment la France, les États-Unis, et l'Espagne, dans le but de protéger l'indépendance dominicaine contre les ambitions expansionnistes d'Haïti.

Malgré ces défis, la première république dominicaine a posé les fondations d'un état indépendant, naviguant à travers les écueils de la politique intérieure et extérieure. Les efforts pour maintenir l'indépendance et l'intégrité territoriale, face aux tentatives répétées d'invasion haïtienne, ont renforcé le sentiment national et l'identité dominicaine. Cependant, la période a également révélé les difficultés inhérentes à la construction d'une démocratie dans un contexte post-colonial, marqué par des conflits internes et des menaces externes persistantes.

Impact régional et international

L'impact régional et international de l'indépendance de la République Dominicaine va bien au-delà de ses frontières, influençant les relations dans la Caraïbe et avec les puissances mondiales. L'établissement de cette nouvelle nation a non seulement modifié l'équilibre politique dans la région mais a aussi attiré l'attention des puissances coloniales et des États-Unis, chacun cherchant à étendre son influence dans les Caraïbes.

Après son indépendance, la République Dominicaine s'est trouvée dans une position précaire, cherchant à naviguer entre les intérêts des puissances coloniales traditionnelles comme la France et l'Espagne, et la montée en puissance des États-Unis, qui commençaient à appliquer la Doctrine Monroe, visant à limiter l'influence européenne dans l'hémisphère occidental. La jeune république a dû faire face à des défis diplomatiques significatifs, cherchant à obtenir une reconnaissance internationale tout en préservant son autonomie face aux ambitions néocoloniales.

La politique intérieure de la République Dominicaine a également été influencée par ces dynamiques externes. Les tentatives de Haïti de reconquérir le territoire, les interventions étrangères, et les négociations autour d'éventuels protectorats ont façonné la politique dominicaine, la forçant à établir des alliances et à jouer habilement sur la scène internationale pour sécuriser son indépendance et sa souveraineté.

En outre, l'indépendance dominicaine a eu des répercussions sur la question plus large de l'esclavage et de la race dans la région. La lutte pour l'indépendance et la manière dont elle a été réalisée ont reflété et parfois exacerbé les tensions raciales et les divisions sociales, non seulement au sein de la République Dominicaine mais aussi dans ses relations avec Haïti et d'autres pays caribéens.

Finalement, l'indépendance de la République Dominicaine a contribué à redéfinir les relations de pouvoir dans la Caraïbe, posant un précédent pour les mouvements d'indépendance et les luttes anti-coloniales dans la région. Elle a illustré la complexité des identités nationales et des aspirations politiques dans les Caraïbes, un héritage qui continue d'influencer les relations internationales et la politique intérieure dans la région aujourd'hui.


 

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